Mon problème de souplesse

“Je ne suis pas assez souple pour faire du yoga.”

Cette réponse sera entendue au moins une centaine de fois dans la vie d’un yogi.

C’est incontestablement l’excuse number one facile, efficace et à la portée de tous pour esquiver le yoga.

Et puis c’est plus facile que “Casse-toi espèce de hippie/weirdo/gourou”

Et bien vous savez quoi ? Moi non plus je ne suis pas souple du tout !
“Alors pourquoi tu fais du yoga ?” me diriez-vous.

Mais d’où vient cette croyance ?

J’appelle au banc des accusés :

  • Les médias

Oui non sommes tous victimes des médias !

Les magazines de yoga et bien-être (apparemment maintenant on dit mindstyle) n’affichent généralement pas de photo de yogis en postures très avancées en couverture. Mais les médias non spécialisés eux ne se gênent pas ! Aller hop et que je te balance un gentil petit yogi option contorsionniste accompagné souvent d’un titre bien alléchant du genre “Devenez zen grâce au yoga”, “Changez de vie avec le yoga”, “Soyez vrai avec le yoga”.

Désolée l’influence des médias ça m’écœurera toujours.

  • Les yogis

Oui vous les yogis !

Ne vous attendez pas en tapant #yoga sur Instagram à trouver des photos de BKS Iyengar ou Pattabhi Jois. Que nenni ! On use et abuse du yoga selfie.

Le principe est simple :

  • Prendre une posture bien avancée qui a demandé plusieurs années de pratique et faire comme si c’était le plus naturel du monde
  • Le faire dans un endroit public c’est mieux : devant la tour Eiffel, sur la Grande Muraille de Chine, sur Time Square, dans un champ de vaches (après tout peu importe le public !) etc.
  • Le faire dans un endroit paradisiaque c’est encore mieux. Ben justement ça tombe bien y’en a un à deux pas de chez vous
  • Au fait vous devez être aux alentours de 1m75 pour 55kg sinon… heu…
  • Option hot : mettre un minimum de tissus sur soi ou alors que ce tissu se confonde to-ta-le-ment avec la peau
  • Et finalement prendre la photo. Là 2 choix s’imposent à vous : soit vous avez déjà dépensé le budget de vos prochains vacances dans un matériel photo de professionnel, soit vous sollicitez un de vos fans (petit copain, mari, enfant, petit sœur, maman…), soit les 2 (pourquoi ne priver ?). 2 heures et une centaine de clichés plus tard, poster la photo sur TOUS les réseaux sociaux Instagram, Facebook, Pinterest, Snapchat, votre blog….

Les tops positions sont :

  • 1 – le handstand (ou arbre droit), la fameuse posture en équilibre sur les mains
  • 2 – et puis d’ailleurs tous types de postures en équilibre sur les mains
  • 3 – et bien sûr le grand écart assis ou mieux, debout.

J’exagère à peine. C’est vrai qu’il est toujours gratifiant de constater sa popularité notamment quand il s’agit de sa progression en yoga. Mais il faut dire que ça a de quoi effrayer beaucoup de petits yogis débutants.

  • Soi-même

Bravo à l’autocensure !

Comment le petit yogi débutant peut s’imaginer une seule seconde entrer dans ce monde étrange qu’est le yoga ? Non seulement il faut connaître ses chakra (ses chats quoi ?), savoir mettre ses pieds derrière son coup et devenir vegan (manger des herbes quoi).

“Non désolée, j’ai essayé la gymnastique à l’école et je n’étais pas fan.” “Je m’étire toujours avant et après mes séances de sport”. Allooooo ! Ça n’a rien à voir !

C’est quoi déjà l’intérêt de la souplesse ?

Un jour une amie m’a dit “Faire du yoga ? Pour toucher mes pieds avec mes mains ? Ça me servirait à quoi ?”

A mon grand étonnement, je n’ai pas eu de réponse immédiate à son questionnement. Mais je me suis imaginée une très vieille dame qui essaye de tourner la poignée ronde d’une porte avec sa main engourdie. Mais elle n’y arrive pas. Sa main ne se ferme pas.

Alors j’ai répondu à mon amie “C’est sur le long terme que tu verras les résultats”. Elle a hoché la tête genre “Ouai ouai…”

Les postures qui demandent le plus de souplesse sont-elles les plus bénéfiques pour le corps ? Je ne saurais dire. Je ne suis pas médecin et ne permettrais pas de donner ici des détails concernant les bénéfices physiologiques de la souplesse. Cependant en y réfléchissant 2 secondes, on peut facilement deviner ces quelques avantages de la souplesse :

  • Plus d’aisance dans sa vie de tous les jours : sortir plus facilement de son lit, mettre ses chaussettes en 2 secondes, se gratter le dos seul, enlever la poussière sous les meubles avec grâce…
  • Garder la mobilité dans les muscles et les articulations pour ses vieux jours
  • Prévenir les douleurs musculaires chroniques (on connaît tous ce fameux mal de dos)
  • Pour les mamans, attraper plus facilement les petits monstres qui courent dans tous les sens
  • Réduire les risques de blessures en cas d’effort (quand je dis effort, tout est relatif : jardiner, préparer une mayonnaise, faire de la randonnée, se faire un brushing…)

Les effets d’un manque de souplesse dans un cours de yoga

Et là vous vous attendez à une liste de tous ce que vous ne pourrez JAMAIS ! faire en cours de yoga.
Et ben vous savez quoi ? Il n’y a qu’un seul effet : ressentir une gêne qui ne gênera que soi.

Bon… oui c’est vrai, il y a ce fameux effet non négligeable : la perte de motivation.

Pour moi cette gêne a provoqué le ralentissement de ma progression. Pourquoi ? Car j’étais tellement focalisée sur le fait de toucher le sol avec le bout de mes doigts que j’ai totalement occulté le reste.

Survivre à un cours de yoga lorsque l’on n’est pas souple

En premier lieu : OUI C’EST POSSIBLE

Voici ma petite check list :

  • Arrêter de se comparer aux autres : dur dur de ne pas succomber à ce réflexe humain si tentant. Mais comme pour tout, c’est en s’entraînant qu’on progresse, même dans la maîtrise de ses défauts. Dans mes premiers cours, je regardais jalousement les yogis plus avancés. Maintenant lorsque je les regarde c’est avec une mélange d’admiration et d’envie.
  • Ne pas trop pousser, respecter ses limites, ne jamais se faire mal
  • Prendre les options : les options se sont les fameuses postures plus faciles toujours proposées par les professeurs de yoga. Si votre professeur n’en propose pas, fuyez !
  • Accepter le fait que le principe de “honte” n’existe tout simplement pas en yoga

Et mon dernier conseil et pas des moindres : PRENDRE DU PLAISIR !

Il a aussi la tentation de pratiquer chez soi pour rester “caché” et se convaincre intimement : “J’irai en studio lorsque je serai prête”. Heu, prête pour quoi ? Je pense que la pratique à la maison une très bonne pratique mais ce n’est pas LA solution au manque de souplesse. Personnellement je me donne beaucoup plus en studio qu’à la maison. Comment je m’en rends compte ? Par les courbatures qui surgissent (ou pas) les jours qui suivent.

Comment je travaille ma souplesse

Le travail sur la souplesse est une réelle mise à l’épreuve car en fin de compte les seules solutions sont le travail et la patience.

Au début de mon apprentissage du yoga pour résoudre ce problème je me suis mise à suivre plein de cours sur YouTube focalisés sur la souplesse. La première constatation est qu’il n’y a pas tant de cours que ça. La deuxième est que ce n’est pas nécessairement la meilleure solution. De fait, la deuxième contrainte était en fait une réponse à la première.

C’est en suivant un cours de yoga Ashtanga que j’ai trouvé un début de réponse à ce blocage et j’ai été particulièrement surprise par cette solution : il faut travailler avec sa respiration.

Pas souple ? T’inquiète t’as encore tes chances !

J’étais juste persuadée que tant que je n’arriverais pas à m’assouplir je ne pourrais de toute façon pas progresser en yoga.

Et bien c’est faux !

Je n’arrive toujours pas à faire le lotus ou la tortue, mais je suis bien meilleure en équilibre sur les mains ! Et toc !

Le yoga n’est pas une discipline bête et méchante. C’est vrai il y a des paliers à passer avant de s’attaquer à plus difficile (ne pas commencer la série d’Ashtanga 2 tant que l’on pas maîtrisé la 1) mais il faut modérer ses limites. Le retravailler sans les contourner, mais continuer d’avancer. Et puis la beauté de la pratique du yoga est que l’on n’a jamais vraiment fini de progresser.

Sur un plan plus personnel, pour moi qui souhaite devenir professeur de yoga, ma plus grande inquiétude n’est pas de ne jamais progresser dans ma souplesse mais plutôt de manquer de crédibilité face à mes future d’étudiants.

“C’est quoi cette prof de yoga qui ne peut même pas poser sa tête sur son genou ? WTF ?”

Mais dans ces moments-là je me dis qu’un bon entraîneur de foot n’a pas nécessairement un grand joueur de foot.

Arghf, ya Zidane

 

« I’m not flexible enough to do yoga. »

This answer will be heard at least one hundred times by a yogi in his/her life.

This is the best and easiest excuse of all time.

And it’s easier to say than « Go away you hippie / weirdo / guru »

Well, you know what? I’m not flexible at all!

« So why do you do yoga? » You would say.

But where does this belief come from?

The culprits are :

  • Media

Yes no we all are victims of media!

Yoga and well-being magazines (apparently now they say mindstyle) usually do not show photos of yogis in very advanced postures on their cover. But the non-specialized media do not bother! How about put a  nice yogi/contortionist with a very tempting title like « Becoming zen with Yoga », « Transform your life with yoga », « Discover the true YOU with yoga ».

Sorry the influence of media will always disgust me.

  • The yogis

Yes you yogis!

Do not expect to find pictures of BKS Iyengar or Pattabhi Jois when typing #yoga on Instagram.

Nowadays we use and abuse of yoga selfie. Have you ever heard of yoga selfie?

The rules are plain:

  • Put yourself in a very advanced posture that has taken several years of practice to master and make it look like it is the most natural thing to do in the world
  • Doing it in a public place is better: in front of the Eiffel Tower, on the Great Wall of China, making a huge split between the 2 railings of a bridge, on Time Square, in a cow field (after all no matter the public !) and so on.
  • Do it in a heavenly place is even better. It is so convenient that you happen to have one just two steps from your home
  • By the way you must be around 1m75 for 55kg otherwise … er …
  • Hot option: put a minimum of tissu on yourself or this tissue must be totally confused with your skin
  • And finally take the picture. Here, you have 2 choices: you have already spent the budget of your next vacation in a professional photo material, or you solicit one of your fans (boyfriend, husband, child, little sister, mom …). Once your choice is done among the hundred clichés, post this photo on ALL your social networks : Instagram, Facebook, Pinterest
  • OH ! Do not forget to add the best description on it : “Always feels good to make a handstand before/after putting the kids to bed/a very long and exhausting day at work/cleaning all the house/helping the poor people around the corner…” “You are stronger than you think” “That don’t kill me can only make me stronger” “Namaste”

The top positions are:

  • 1 – The handstand
  • 2 – and besides all types of arm balance
  • 3 – and of course the split sitting or standing.

I hardly exaggerate. It is true that it is always gratifying to see your popularity growing when it comes to your progression in yoga but it must be said that it does frighten many yoga beginners.

  • Oneself

Bravo to self-censorship!

How can the small yoga beginner imagine a single second himself entering this strange world of yoga? Not only you need to know your chakra (to chat with who?), to know how to put you feet behind you stroke and to become vegan (it means eat herbs).

« I’ve tried gymnastics at school and I was not a fan. » « I always stretch before and after my workouts. » Helloooooo! It has nothing to do with it !

What is the benefit of flexibility?

One day a friend told me « Why should I do yoga? To touch my feet with my hands? What would be the benefit of this? « 

I did not have an immediate answer to her questioning. But I pictured a very old lady trying to turn the round handle of a door with her numb hand. But she can not. She can not close her hand.

So I answered my friend « Profits are long-term ». She nodded her head like « Yeah yeah … »

Are the most flexible asanas the most beneficial to the body? I do not know. I am not a doctor and will not give details of the physiological benefits of flexibility. However, thinking twice, one can easily guess the benefit of flexibility:

  • More ease in her everyday life: getting out of bed more easily, putting your socks in 2 seconds, scratching your back alone, removing dust under the furniture with grace …
  • Keep mobility in the muscles and joints for your old days
  • Preventing chronic muscular pain (we all know about this famous back pain)
  • For moms, catching the little monsters more easily
  • Reduce mental and physical stress (I will talk about this subject in a dedicated article)
  • Reduce the risk of injuries in case of effort (when I say effort, everything is relative: gardening, preparing a mayonnaise, hiking, blow drying …)

The effects of a lack of flexibility in a yoga class

And here you expect to find a list of all that you will never! be able to do yoga classes.

You know what? There is only one effect: feel embarrassed.

Well … this is true, there is this non-negligible collateral effect also: the loss of motivation.

 

For me this embarrassment caused the slowing down of my progression. Why ? Because I was so obsessed by touching the floor with with my fingers that I totally forgot about the rest.

Surviving a Yoga Course When You’re Not Flexible

First: YES IT IS POSSIBLE

Here is my little checklist:

  • Stop comparing yourself to others: it is hard not to succumb to this tempting human reaction. But as with everything, you must train to progress, event when it comes to take control over your vice In my first lessons, I looked jealously at the more advanced yogis. Now when I look at them it is with a mix of admiration and envy.
  • Do not push too hard, respect your limits, never get hurt
  • Take the options: the options are the easier postures still proposed by the yoga teachers. If your teacher does not propose options, go away fast!
  • Accept the fact that « shame » simply does not exist in yoga
  • And the last but not the least: HAVE FUN!

There is also the temptation to practice at home. I think it is a good thing but it is not the solution to the lack of flexibility. I personally work harder at the studio than at home.

How I work my flexibility

The work on flexibility is a real test because in the end the only solutions are work and patience.

At the beginning of my learning yoga to solve this problem I began to follow many courses on YouTube focused on flexibility. The first observation is that there are not so many courses that focus on flexibility. The second is that it is not necessarily the best solution. In fact, the second constraint was in fact a response to the first.

It was by following an Ashtanga yoga class that I found an early response to this blockage and I was particularly surprised by this solution: it is necessary to work with his breathing.

Not flexible? Do not worry, you still have your chances!

I was just persuaded that as long as I could not relax, I could not progress in yoga anyway.

Well, that’s not true!

I still can not make the lotus or the turtle, but I’m much better balanced on my hands! And Bam !

Yoga is not a stupid and wicked discipline. It is true there are levels to pass before attacking more difficult (not to start the series of Ashtanga 2 as long as one is not mastered the 1) but it must moderate its limits. Rework it without going around it, but keep moving forward. And then the beauty of yoga practice is that one has never really finished making progress.

On a more personal level, for me who wants to become a yoga teacher, my biggest worry is not to ever progress in my flexibility but rather to lack credibility in the face of my future students.

« What is this yoga teacher who can not even put his head on his knee? WTF? « 

Sometimes I think that a good soccer coach has not necessarily been a great soccer player.

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